Aurore: collège

A mon entrée en 5ème, au départ, j'avais aucun problème. Je connaissais à peu près déjà tous le monde car j'étais resté dans le même collège. Etant de base très timide, je me suis dit quand même que ça allait bien se passer. Le temps passa et le 1er trimestre était entrain de se terminer. Je n'avais aucun ami. J'étais toujours mise de côté, personne ne voulait de ma présence. Je me considérais comme un élément du décor. Et c'est là que les premières remarques disgracieuses à mon égard commençaient à se faire entendre sur mon physique, mon style vestimentaire (je me cachais derrière une image de garçon manqué), et pleins d'autres. Il arrivait parfois que certains me volaient et dégradaient mes fournitures scolaires. Je préférais m'effacer, me terrer dans mon coin, être transparente. J'ai subi toute cette année. J'ai continué d'aller en cours avant tous les jours la peur au ventre. C'était tous les jours la même rengaine. Jusqu'au moment où j'ai décidé de me laisser dépérir. Je mangeais de moins en moins voir je loupais certains repas. Arrivée en fin d'année, le dernière semaine de cours, c'est le moment où j'ai craqué définitivement. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps comme si je l'avais gardé en moi depuis le début de se calvaire. J'ai eu comme une sorte de déclic. J'ai refusé catégoriquement de vouloir y retourner. Mes parents ne me comprenaient pas. Nous en avons parlé ensemble et mon professeur principal m'a dit de venir quand même le dernier jour. C'était la chose le plus atroce pour moi après une semaine sans ce cadre affreux ! Je me souviens que j'y suis allée en tremblant. Mes amies me voyant dans cette état là ne savaient pas quoi faire. Mon cas en est resté là. Les vacances ont passé et nous voilà à la rentrée en 4ème. La semaine avant la rentrée, j'étais incapable de dormir tellement que cette rentrée était une obsession. Je me souviens que je voulais pas que ma mère me laisse là. Même si j'avais ma meilleure amie et d'autres amies dans ma classe, j'avais peur que le cauchemar recommence. J'ai recommencé à de moins en moins m'alimenter. Ma mère me voyant maigrir de jour en jour ne comprenait pas et moi je lui disais que c'était que je n'avais rien. Elle m'a par la suite emmenée chez le médecin mais il a trouvé rien d'anormal et m'a donnée des compliments alimentaires. Enfin bref le problème ne cessa de tourner en rond jusqu'au jour que où mes parents en ont eu marre de me voir comme ça et m'ont emmenée l'hôpital. Je suis resté là-bas pendant 2 semaines car j'étais trop maigre (imaginer 32 kilos pour quelqu'un âgé de 14 ans ! ). Je voyais un psychologue. J'étais enfin entouré par beaucoup de personnes qui m'écoutaient enfin. Il a fallu 2 ans pour que tous rendre dans l'ordre. Toute cette histoire pour dire que les écoles ne réagissent pas bien dans ces cas de figures car pour moi, ils m'ont juste proposé de voir 2 fois l'infirmière de l'école et c'est tout. Les parents sont impuissants et ne savent pas comment réagir quand cela arrive à leur(s) enfant(s). Ce problème est difficile à prendre en compte car nous ne voulons en aucun qu'à en parler à qui que ce soit pour ne pas avoir de représailles. La seule clé de ce problème est le dialogue et surtout le décelé à temps ce qui n'a pas chose facile! Maintenant, j'ai 18 ans et j'ai toujours des séquelles. Il m'arrive d'y repenser de temps en temps. J'ai maintenant un meilleur cadre de vie mais j'ai toujours c'est parfois encore compliqué de dialoguer avec les autres, les oraux, donner mon opinion, enfin bref ce passage de ma vie est encore une plaie fragile.