Camille : collège et lycée

Je m'appelle Camille, j'ai 18 ans.

J'ai souffert de harcèlement scolaire durant mes quatre ans au collège et durant un an au lycée.

Ce n'était pas du harcèlement physique, simplement des paroles, des surnoms, des moqueries. Parfois même, ceux que je considérai comme mes propres "amis" s'amusaient à lancer des petites piques qui me faisait me sentir comme quelqu'un d'inutile, d'ennuyante. D'autres personnes de mon collège s'y mettaient aussi, souvent. Parce que quand on a douze ans, qu'on mesure 1m30 et qu'on est un peu trop maigre et un peu trop timide pour être prise au sérieux, on est une victime facile.

Au lycée, tout s'est amélioré, je ne connaissais personne en arrivant, j'avais mûri, décidé de prendre un peu plus soin de mon apparence et de ne pas me présenter sans m'être coiffée, ou en étant habillée n'importe comment. Je me sentais intégrée, bien. Puis durant mon année de Première, je me suis engueulée avec les mauvaises personnes, les gens populaires qui pouvaient retourner trente élèves contre un seul. Et cet élève, c'était moi. Je n'ai subi aucune violence corporelle, ce n'était que des mots, mais des mots qui blessaient, et des rumeurs mensongères impossibles à démentir.

Personne n'a jamais su à quel point toutes ces moqueries m'affectaient parce que je ne voulais pas déranger les gens avec ces problèmes, alors je me suis plongée dans la lecture pour oublier tout ça. Le soir, je m'imaginais une vie remplie de personnages fictifs pour ne pas y penser. Sans cette distraction et les inconnus des réseaux sociaux que je considère désormais comme des amis, je n'aurais sans doute pas pu surmonter tout cela. 

Aujourd'hui, je suis dans le supérieur, avec des gens qui partagent les mêmes centres d'intérêts que moi, et je me sens bien. Pour la première fois - en dehors du cadre virtuel d'internet - je me sens acceptée. Et mon estime de moi-même, qui était autrefois plus bas que terre est remontée en flèche, malgré que quelques insécurités restent encore là.

Il y a un mois, un des ces garçons du collège devenu un "homme", qui passait ses journées entières à me répéter que j'étais "trop moche", est venu m'aborder. Envoyer paître quelqu'un n'avait jamais été aussi agréable. Il n'a sans doute pas compris ma réaction excessive, puisqu'il avait oublié jusqu'à ma simple existence, mais le faire m'a fait énormément de bien. Mais voir que ce gamin qui avait fait de ma vie un enfer et dont les paroles resteront à jamais gravées dans ma mémoire ne se souvenait pas de moi, m'a donné envie de l'écorcher vif.