I//C : Collège et lycée

Bonsoir à vous: 
J'ai 24 ans, presque 25. Je tiens à dire que je suis atteinte d'un handicap moteur léger (juste pour préciser.). De la sixième à la Terminale (Terminale L), j'ai été humiliée, frappée, insultée par mes camarades de classe. Au départ, ça n'était que des petites moqueries que j'acceptais plus ou moins... la suite, ça été une véritable descente aux enfers avec un grand E. Lorsque j'entrais dans la salle par exemple, des élèves me jetaient des crayons, des boulettes de papiers. En troisième, quand il m'a fallu passer le brevet, c'est devenu plus violent: des coups, et des insultes... mes "tortionnaires" m'appelaient la 'mongole' (désolée pour le terme mais ils employaient ça à mon égard!), la 'dingue', 'l'attardée mentale', la 'débile', 'l'autiste'... et j'en passe! Au lycée, il y a eu les coups: plus de coups qu'au collège. Surtout de la part de certains garçons; des coups de compas dans les reins, au bas ventre en plus d'humiliations des plus cyniques comme: ''T'as jamais fait ou quoi?''. Du côté des profs, ils ne me croyaient pas et c'est moi qui ait pour ainsi dire accusé les coups: j'ai été punie et conduite dans le bureau du directeur bien des fois. Quand à mes parents, ils ne l'ont pas cru! Je veux dire par là, qu'ils ne comprenaient pas l'ampleur du drame que je vivais au jour le jour: tous les matins, je franchissais la grille de l'établissement avec une boule d'angoisse qui ne quittait pas mes entrailles de la journée. J'en vomissais tellement! Au départ, c'est-à-dire, quand j'étais toute jeune, c'est-à-dire, aux alentours de onze, douze, treize, et quatorze ans, je ne comprenais pas pourquoi tant de haine et tant de violences... Et puis, petit-à-petit, la lumière s'est faite en moi. Et ça n'est qu'en Première que j'ai VRAIMENT compris pourquoi ils me harcelaient à ce point: à cause de mon handicap, à cause de mes idées politiques et de militantisme (pour la petite histoire, j'ai adhéré au Parti Communiste Français à l'âge de quatorze ans et y suis encore aujourd'hui.), à cause de ma façon de vivre (trop sous le contrôle de Papa-Maman, selon mes tortionnaires!) de mes bonnes notes et de mon travail sérieux... j'ai aussi subi des humiliations de la part d'un groupe de filles pourtant bien plus jeunes que moi: lorsque j'étais aux toilettes par exemple, elles ouvraient en grand la porte des ''chiottes'' me tiraient par le collet de ma veste et m'envoyaient d'une bourrade hyper violente contre le mur, puis elles riaient de mon physique un peu "enrobé"... Mais où était l'intimité dans cette 'histoire'?! Je n'ai pas hésité à en parler au directeur en lui expliquant aussi qu'il n'y avait pas de verrous. Il m'a dit "Oui, oui... Plus tard. On verra ça plus tard.". C'en ai resté là. Ni plus, ni moins! Et puis en Terminale, le calvaire avec un grand C. J'ai tout subi! TOUT! Insultes, humiliations, coups, cris aussi. Ils s'amusaient à me hurler des insultes "Oh, vlà la Dingue!", ou "Té! Y a la mongole qui débarque!" et ils embrayaient après sur une phrase vraiment humiliante et stigmatisante comme ;"C'était bon la soupe de Maman?"... En un mot, ils me prenaient pour une débile qui subit tout sans rien comprendre à rien. J'étais harcelée par tout le monde par les collégiens comme par les lycéens. Un jour, pourtant, un jour, un ou une élève m'a craché à la gueule le mot de trop :"Va en IME, l'autiste!". ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase de ma souffrance: j'ai bondi sur elle ou sur lui et me suis mise à la secouer et à la frapper : les enseignants ont tout vu mais ils ne sont pas intervenus, une fois de plus lorsque j'avais besoin d'aide! J'ai raté le baccalauréat 2 fois. L'année 2010/2011, j'ai travaillé avec le CNED (centre national d'enseignements à distance) et je l'ai finalement obtenu. Je me suis orientée vers une filière d'Anthropologie, puis après l'avoir obtenue, en début septembre 2014 me suis inscrite en 3ème année des Sciences de l'Education par équivalence. Je me suis fait dans cette filière, comme en anthropo, pas mal de collègues. On se voit pour travailler ensemble... Pourtant, j'hésite pourtant encore à leur raconter à coeur ouvert, franchement tout ce que j'ai vécu et tout ce qui m'a mortifiée... Un ami à moi de longue datte m'a affirmé que la force est la qualité qui me représente le plus. Il n'a pas tort, remarque! Il est vrai que malgré toutes ces humiliations s'est forgé en moi une double rage; non seulement, celle de m'en sortir mais aussi, celle contre la violence, l'absurdité et la bêtise de certains profs qui me suivaient en cours: dès que j'étais l'objet de ces boucs-émissaires ils renvoyaient toujours la faute sur moi et leur mépris d'ignorance m'a blessé... Maintenant, je suis à l'université, entourée de personnes responsables et je me dis que, si je ne m'étais pas battue pour m'en sortir, je pense que ça aurait été pire pour moi. De plus (et en guise de conclusion), je m'estime heureuse de ne pas avoir été victime de cyber-harcèlement, sinon, je crois bien que j'aurais trouvé le moyen pur et simple de mettre fin à mes jours! Je sais que beaucoup de jeunes en sont victimes et en souffrent intensément; j'ai donc une pensée pour eux et leur crie ce mot d'ordre: "Dénoncez, parlez, écrivez; car les mots ont une portée non seulement créatrice, mais aussi hautement libératrice!". Aussi, c'est grâce à l'écriture que je m'en suis sortie. Force à vous toutes et tous! 
Bonne soirée. 
I//C